Pourquoi j'ai tout quitté pour devenir guide safari en Afrique du Sud
Étudiant à Paris, stagiaire en communication, et puis Makalali. Alexis Frangoulis raconte le moment où tout a basculé et la décision qui a changé sa vie.

Je vais vous raconter une histoire qui commence dans un amphithéâtre parisien et qui finit dans la brousse du Limpopo. Entre les deux, il y a dix ans de trajets parallèles, plusieurs allers-retours entre Paris et l'Afrique du Sud, et une nuit dans la réserve de Makalali où j'ai compris que je ne pourrais plus faire semblant.
Paris, les études, le plan prévu
J'ai grandi à Paris. J'ai fait mes études à l'IÉSEG School of Management, puis un Master RSE et Développement Durable à l'EFAP.
Le genre de parcours dont vous comprenez la logique quand vous le regardez de l'extérieur. Grande école, spécialisation en communication responsable, stages en agence, stage chez France Télévisions. Tout était cohérent. Tout s'enchaînait.
Mais en parallèle de ce parcours propre et balisé, il y avait un autre fil. Un fil que j'essayais de tenir sans trop savoir où il menait.
Le premier contact avec Makalali
Pendant mes études à l'IÉSEG, il y avait un stage obligatoire. Un stage dit "ouvrier", censé vous sortir du cadre académique et vous confronter à quelque chose de différent. La plupart de mes camarades sont allés en usine, en entrepôt, sur des chantiers. Moi je suis parti en Afrique du Sud. Dans la réserve de Makalali, dans le Limpopo, à quelques kilomètres du parc national du Kruger.
Je n'aurais pas pu vous dire à ce moment-là pourquoi j'avais fait ce choix plutôt qu'un autre. Je savais que j'aimais les animaux, que l'Afrique m'avait fasciné depuis un premier voyage au Kenya en 2006. Mais Makalali était censée être une parenthèse. Un stage. Quelque chose à cocher dans un formulaire universitaire.
Ce que j'y ai trouvé n'avait rien d'une parenthèse.
La réserve de Makalali est une zone d'environ 25 000 hectares située dans le Limpopo, à l'ouest du Kruger National Park avec le Big Five, des paysages de savane dorée et des nuits d'un silence et d'une noirceur absolus. Le genre d'endroit qui vous oblige à recalibrer ce que vous considériez comme important.
J'ai vu mes premiers animaux sauvages en liberté, dans un autre cadre que ce que j'ai connu lors de drives au lever du soleil. J'ai compris pour la première fois ce que signifiait être sur un territoire qui n'appartient pas à l'homme. Et j'ai eu pour la première fois cette sensation précise et difficile à formuler que quelque chose ici me correspondait d'une façon que rien à Paris ne m'avait encore procurée.
Je suis rentré terminer mes études. Mais quelque chose avait changé.
Les années parisiennes avec l'Afrique en tête
De retour à Paris, j'ai repris le fil prévu. Stage chez France Télévisions en communication interne. Assistant chef de projet dans une agence événementielle. Un passage chez Club Faune Voyages en communication marketing, ce qui était une façon inconsciente de rester proche de l'Afrique depuis un bureau parisien.
Je rédigeais des newsletters. Je gérais des réseaux sociaux. Je contribuais à des campagnes de communication pour des entreprises qui avaient des enjeux RSE. C'était correct. C'était même intéressant par moments. Mais ce n'était pas suffisant.
Je pense que les gens autour de moi voyaient bien que je n'étais pas totalement là. Que j'avais une partie de mon attention ailleurs. Sur une carte de l'Afrique du Sud. Sur des articles sur la faune du Limpopo. Sur les sites des réserves privées du Greater Kruger.
En mai 2017, entre deux stages, j'étais retourné en Afrique du Sud, à la réserve de Shamwari dans le Cap Oriental, comme volontaire de recherche. Suivi et recensement de la faune, télémétrie, pièges photographiques, actions anti-braconnage. Deux mois à faire quelque chose de concret dans un endroit qui avait du sens.
La tension entre ce que je faisais à Paris et ce que je voulais réellement faire s'était encore renforcée.
Le retour à Makalali et la décision
En février 2020, je suis retourné à Makalali. Pas comme stagiaire universitaire cette fois. Comme volontaire de conservation et de recherche pour Siyafunda Wildlife & Conservation, l'organisation qui travaillait dans la réserve. Observation de la faune, rapports scientifiques, soutien aux rangers, lutte contre le braconnage.
J'avais alors vingt-six ans. J'avais un Master. J'avais des expériences en communication dans des entreprises parisiennes reconnues. Et j'étais là, dans la brousse du Limpopo, à lever à l'aube pour suivre les déplacements des éléphants et rédiger des rapports pour les chercheurs.
Ce séjour a été interrompu par le COVID. Le monde entier s'est arrêté en mars 2020. Je suis rentré en France.
Ce confinement a été, paradoxalement, le moment où j'ai pris la décision. Quand tout s'arrête et que vous vous retrouvez seul avec vos pensées, vous comprenez assez vite ce qui compte et ce qui ne compte plus autant. Paris comptait moins que je ne me le disais. Makalali comptait plus que je n'osais me l'admettre.
J'ai décidé que le prochain retour en Afrique du Sud serait le dernier aller-retour. Que cette fois, je ne rentrerais pas pour reprendre un poste en communication dans une agence parisienne.
La formation FGASA : apprendre à lire ce que je regardais déjà
En mai 2021, je suis reparti pour Siyafunda dans le Limpopo. Cette fois pour sept mois. Et cette fois avec un objectif précis : obtenir la certification FGASA NQF2.
La Field Guides Association of Southern Africa est la référence professionnelle absolue pour les guides safari en Afrique australe. Sa formation couvre l'écologie, le comportement animal, le pistage, les protocoles de sécurité en présence des grands animaux dangereux, l'ornithologie, et les premiers secours en brousse. Elle se passe en anglais, entièrement sur le terrain, dans des conditions réelles.
J'avais passé des années à regarder la brousse africaine. La formation FGASA m'a appris que je la regardais sans la voir. Que je pouvais identifier un éléphant sans savoir lire ses oreilles. Que j'entendais les oiseaux sans comprendre ce qu'ils disaient. Que je marchais dans la savane sans lire le sol.
Cette révélation, que la brousse est un texte permanent que la grande majorité des gens traversent sans pouvoir déchiffrer, a été le moment le plus intense de toute ma formation. Et c'est elle qui m'a convaincu que ce que j'avais à transmettre valait quelque chose.
Parce que si j'avais passé des années à côté de tout ça sans le voir, d'autres pouvaient passer à côté aussi. Et peut-être que mon rôle était précisément de leur éviter ça.
D'avril à juillet 2022 : les premiers clients
Entre avril et juillet 2022, j'ai guidé mes premiers safaris pour Siyafunda, en Afrique du Sud, dans la réserve de Makalali. Deux sorties par jour, matin et soir, pour des volontaires et des visiteurs francophones et anglophones. Observation de la faune, relevés comportementaux, interventions vétérinaires sur des animaux en voie d'extinction, opérations anti-braconnage.
C'est pendant ces mois que j'ai compris ce que signifiait vraiment guider. Pas montrer les animaux. Transmettre une façon de les voir. Enseigner à lire la brousse plutôt qu'à la regarder. Expliquer pourquoi le drongo s'emballe dans l'acacia à gauche avant qu'on aperçoive le léopard trente secondes plus tard.
Mes premiers clients ne sont pas repartis avec une liste d'espèces cochées. Ils sont repartis avec quelque chose de différent. Une façon de regarder la nature qui n'existait pas chez eux avant d'arriver.
C'est là que j'ai su que Fundis'Africa existait déjà. Il ne restait qu'à lui donner un nom.
Octobre 2022 : Fundis'Africa
J'ai créé Fundis'Africa en octobre 2022 depuis Marseille. Le nom vient du zoulou : "fundisa" signifie éduquer, transmettre. Ce n'est pas un nom choisi par hasard. C'est une déclaration de méthode.
Ce que j'avais quitté, c'était un parcours professionnel cohérent sur le papier mais qui ne me ressemblait pas vraiment. Des postes en communication dans des organisations où j'apportais des compétences sans mettre en jeu ce qui me définissait profondément. Des années passées à m'approcher du sujet en cercles concentriques, par des stages en réserve, par des postes dans des agences spécialisées voyage, par des allers-retours répétés entre Paris et le Limpopo.
Ce que j'avais trouvé, c'était la certitude que la transmission de la brousse africaine est un métier réel, exigeant, qui demande des années de terrain et une certification sérieuse. Et que ce métier, pratiqué en français avec les garanties et le sérieux d'une agence française réglementée, n'existait pratiquement pas.
Ce que je n'aurais pas pu anticiper
Trois ans après la création de Fundis'Africa, plus de soixante ont laissé un avis Google 5 étoiles sur leurs safaris. Plusieurs sont revenus pour un deuxième ou troisième voyage. Une cliente de 86 ans prépare son troisième départ avec nous.
Ce que ces avis disent de façon récurrente n'est pas "beau voyage, bonne organisation". Ce qu'ils disent, c'est "il nous a appris à voir", "Il nous a appris à lire les traces." ou encore "Je n'ai pas retrouvé ça chez d'autres guides."
C'est exactement ce que je voulais faire quand j'ai quitté Paris. Ce n'est pas une coïncidence. C'est la conséquence directe d'un choix fait dans la brousse du Limpopo, un matin à Makalali, bien avant que Fundis'Africa ait un nom.
Si vous envisagez de faire un safari en Afrique du Sud et que cette approche vous correspond, consultez notre page Safari en Afrique du Sud ou prenez rendez-vous directement avec notre équipe.
Et si vous êtes à la veille d'une décision similaire à la mienne, la seule chose que je puisse vous dire est que la brousse est très patiente. Elle attend.
Résumé
Lycée La Rochefoucauld à Paris, IÉSEG 2014-2016, moniteur Village Camps en Angleterre été 2014, EFAP MBA RSE et Développement Durable 2017-2021, stage France Télévisions janvier-avril 2018, assistant chef de projet agence JNJ septembre 2018-janvier 2019, volontaire Shamwari Game Reserve mai-juin 2017 en Afrique du Sud (premier contact avec le terrain), assistant communication Club Faune Voyages octobre-décembre 2019 (premier lien avec le monde du safari depuis Paris), volontaire Siyafunda Wildlife & Conservation février-mars 2020 à Makalali dans le Limpopo, puis volontaire assistant de recherche Siyafunda mai-novembre 2021 avec la formation FGASA NQF2, puis guide safari et ranger Siyafunda avril-juillet 2022, puis fondateur Fundis'Africa depuis octobre 2022 depuis Marseille.
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